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Souvenirs de ma prise de fonction à Bouna

Je suis Jocelyne, Éducatrice à Bouna. J’écris ces lignes à l’issue de la session de formation de l’Ansut Blog Camp qui s’est tenue ce jeudi 24 mai au foyer des jeunes de la commune, en présence des autorités préfectorale et communale.

Motivée par les formations sur la création de blog et les techniques d’écriture et surtout les conseils de l’ensemble des blogueurs, j’ai décidé de partager avec vous mon histoire. Des mots que j’ai toujours voulu écrire, sans véritablement y parvenir. Je le fais aujourd’hui, en espérant que ce déclic me conduira à la création et à l’animation de mon blog de voyage. Bref !

C’est l’histoire de ma prise de fonction à Bouna, un billet de souvenirs d’un voyage long de 562 kilomètre vers l’inconnu. Bouna ne m’était connu que de nom en effet. Et le paysage luxuriant de forêt que dévalait le mini car en trombe à l’approche du chef-lieu de la région du Bounkani n’augurait de rien de bon pour moi. Les questions se bousculaient dans ma tête. Que me réservait cette ville frontalière au Burkina Faso (côté nord) et au Ghana (côté est) ? Avais-je le droit de renoncer à cette affectation que j’ai acceptée par devoir ? Serai-je bien logée et suffisamment à mon aise pour faire ce travail qui me passionne tant ?

Aucune réponse concrète à toutes ces questions. Que des élucubrations qui ont eu le mérite raccourcir dans mon esprit, huit heures d’un périlleux trajet en deux heures de voyage. Quoique, à mesure que le macadam parsemé de nids-de-poule disparaissait sous nos pieds, mon excitation de nouveau fonctionnaire s’évanouissait.

Oui, mon enthousiasme en quittant Abidjan ce lundi d’octobre 2016 s’est totalement dissipé quand mon pied a foulé le sol de Bouna. Nous étions autour de 17 heures, mon amie qui était censée m’attendre manquait au rendez-vous. Un imprévu en était la raison. Moi voici seule, dans une ville que je découvrais. J’essaye de trouver un moyen de locomotion. En vain ! Bouna n’a ni de taxi communal, ni de moto-taxi. Wow, je suis vraiment loin d’Abidjan ! Me dis-je intérieurement. Comment faire pour rejoindre l’hôtel, le temps que mon amie me retrouve le lendemain ? Un coup de fil sur sa recommandation.

Dans le véhicule de celui qui était devenu mon guide de circonstance j’ai pu parcourir et voir un pan de la ville. Les commerçants qui se dépêchaient de ranger leurs affaires, les stores des quelques magasins que l’on tirait bruyamment. J’étais autant pressée de rentrer à l’hôtel, comme ces jeunes à moto qui roulaient à vive allure dans les rues rouge de poussière. Seule une douche froide pouvait me permettre de reprendre mes esprits et évacuer le spleen doublé de stress qui m’envahissaient et nouaient mes entrailles.

Ouf, enfin arrivée ! Le bruit du portail me tire de mes pensées. Là encore, le contraste est patent. L’hôtel haut de gamme que mon guide m’avait décrit, ne l’était que de nom. Mais bof, mon souci était le repos.

Une fois les formalités remplies, je remercie mon bienfaiteur avant de m’engouffrer dans la chambre pour prendre la douche salvatrice. Après quoi, je me fis servir un jus au bar pour enfin aller me blottir dans les bras de Morphée.

                

                                                                                                                                                               Jocelyne K.